Chaque année en France, des milliers de tonnes de cartouches de toner arrivent en fin de vie. Bien gérées, elles deviennent une ressource précieuse pour l'économie circulaire. Mal traitées, elles deviennent des déchets industriels dangereux (DID) qui libèrent plastiques, métaux lourds et pigments dans les sols et les nappes phréatiques.

Pour les entreprises, recycler ses toners usagés n'est plus un geste optionnel : c'est une obligation réglementaire (directive DEEE), un levier d'économies et un argument RSE de plus en plus attendu par les clients comme par les investisseurs.

Ce guide passe en revue 5 méthodes pour recycler ses cartouches de toner, le processus industriel, et la manière d'inscrire cette démarche dans la stratégie de l'entreprise.

 

À retenir :

  • 85 % des cartouches de toner sont collectées en France pour être recyclées — un taux bien supérieur aux 17,5 % des cartouches jet d'encre.
  • Une cartouche de toner peut être reconditionnée et réutilisée à plusieurs reprises, ce qui prolonge significativement sa durée de vie.
  • Le réemploi d'une cartouche économise environ 30 % d'énergie par rapport à la production d'une cartouche neuve.
  • Les toners usagés sont classés Déchets Industriels Dangereux (DID) et soumis à la directive européenne DEEE.
  • TEEMIO oriente ses clients vers le consortium CONIBI, qui collecte gratuitement les consommables des marques partenaires, dont Canon, Ricoh et Sharp.

 

 

Comprendre le toner et son recyclage

Le toner est une composante clé des imprimantes laser et photocopieurs, mais c'est aussi une source croissante de déchets électroniques. Une gestion responsable est donc indispensable pour limiter son impact environnemental.

Qu'est-ce qu'un toner ?

Sans toner, imprimer des documents avec un photocopieur laser serait impossible. Ce mélange de poudre fine (particules de plastique, résine et pigments magnétiques) permet de transférer texte et images sur le papier via la chaleur de l'unité de fusion. Le toner se décline en quatre couleurs principales : noir, jaune, cyan et magenta (CMJN).

La cartouche, qui contient cette poudre, se présente sous différentes formes — rectangulaire, cylindrique ou cubique — selon le constructeur et le modèle de machine. Malgré une autonomie prolongée (souvent plusieurs milliers de pages), elle finit toujours par se vider et nécessite un remplacement.

Plutôt que de la jeter, il devient indispensable de la recycler pour éviter ses conséquences sur l'environnement. 

Le cycle de vie d'un toner

Un toner passe par plusieurs étapes avant d'atteindre sa fin de vie :

  1. La fabrication à partir de matières premières (plastique, métaux, pigments, produits chimiques)
  2. La distribution vers le revendeur puis le client final
  3. L'installation et l'usage jusqu'à épuisement complet de la poudre
  4. La fin de vie : recyclage ou mise au rebut

Si la cartouche usagée n'est pas recyclée, elle devient un déchet électronique dangereux. À l'échelle mondiale, environ 70 % des cartouches d'impression ne sont toujours pas recyclées, ce qui aggrave la crise des déchets électroniques.

Ces cartouches non recyclées libèrent des polluants qui contaminent sols, air et eau, créant une menace environnementale durable.

 

5 méthodes pour recycler ses cartouches de toner

Vous ne savez pas quoi faire de vos toners usagés ? Voici cinq pistes pour redonner une seconde vie à vos cartouches vides.

1. Retourner les toners aux fabricants

Tous les grands constructeurs (Canon, Ricoh, Sharp, HP, Brother, Xerox, Kyocera, Konica Minolta) ont mis en place des programmes de retour gratuits : enveloppes prépayées, étiquettes d'expédition téléchargeables ou points de dépôt dédiés. Vous renvoyez vos cartouches sans frais, et le constructeur s'occupe du reconditionnement ou de la valorisation. À titre d'exemple, Canon a récupéré plus de 435 000 tonnes de cartouches depuis le lancement de son programme en 1990.

Comment procéder ? Consultez le site du fabricant de votre imprimante, demandez une étiquette d'expédition prépayée (ou repérez un point de collecte partenaire), emballez les cartouches et expédiez gratuitement.

2. Déposer en points de collecte

Plusieurs enseignes grand public et centres de tri acceptent les cartouches usagées :

  • Magasins spécialisés : Darty, Boulanger, Carrefour, Bureau Vallée…
  • Déchetteries municipales : renseignez-vous auprès de votre mairie pour identifier les sites partenaires
  • Associations d'insertion : des structures comme Emmaüs (via les Ateliers du Bocage) ou Envie collectent les cartouches tout en soutenant l'emploi solidaire — chaque tranche de 15 000 cartouches collectées génère un emploi en insertion

C'est une solution rapide pour les TPE et indépendants qui n'ont pas le volume justifiant un contrat de collecte. Pour optimiser le transport, regroupez plusieurs cartouches avant chaque dépôt.

3. Faire appel à des entreprises spécialisées

Pour les entreprises et collectivités produisant un volume significatif, le bon réflexe est de signer avec un prestataire spécialisé.

Le consortium Conibi, financé par les principaux constructeurs et travaillant avec plus de 1 500 entreprises, propose la collecte gratuite des consommables des marques partenaires.

Ecosystem (éco-organisme agréé par l'État pour la filière DEEE), Recygo, Hubency et Easytri complètent l'offre, chacun avec ses spécificités.

Ces opérateurs assurent une collecte sur site, des contenants dédiés, un traitement traçable et un reporting RSE souvent indispensable pour les obligations extra-financières.

Comment procéder ? Contactez le prestataire pour un contrat de collecte, recevez vos contenants spécifiques, stockez les toners au fil de leur usage, puis planifiez des collectes périodiques.

Bon à savoir : en dessous de dix cartouches par an, un simple dépôt via étiquette de retour suffit ; au-delà, le contrat de collecte devient plus adapté.

4. Opter pour la revente et le réemploi

Certaines entreprises rachètent vos toners vides pour les recharger, les reconditionner et les revendre. C'est une solution à la fois économique et écologique : vous récupérez une compensation financière, et la cartouche prolonge sa vie au lieu de partir au broyeur.

Où revendre ses toners ?

  • Sociétés spécialisées : Rachatdecartouches.com, Cartouche-vide.fr, et plusieurs acteurs régionaux

  • Plateformes en ligne : LeBonCoin ou eBay acceptent la revente de toners encore exploitables (entre particuliers ou avec des recycleurs)

Pour que la cartouche soit acceptée, elle doit être en bon état (pas de fissure, puce électronique intacte) et stockée à l'abri de l'humidité. Le toner reconditionné revient en moyenne 30 à 50 % moins cher qu'une cartouche d'origine neuve.

5. Donner une seconde vie par l'upcycling

L'upcycling consiste à détourner un objet de sa fonction initiale. Une cartouche vide peut devenir :

  • Un pot de fleurs (les modèles cylindriques fonctionnent particulièrement bien)
  • Un rangement de bureau pour stylos, trombones et fournitures
  • Un objet décoratif (peint, transformé en luminaire ou en sculpture)

Plus marginale en volume, cette option présente surtout un intérêt pédagogique : elle sensibilise au gaspillage et trouve sa place dans les écoles et les démarches RSE participatives. Avant tout détournement, nettoyez soigneusement la cartouche de tout résidu de poudre, le toner étant un déchet à manipuler avec précaution.

 

Le cas particulier des toners pleins inutilisés

Avant d'aborder le traitement industriel, un cas fréquent mérite attention : les toners neufs jamais utilisés (changement de matériel, fin d'activité, modèle obsolète). Il serait dommage de les gaspiller.

Plusieurs options s'offrent à vous :

  • Le retour au revendeur : si les cartouches sont encore sous garantie et non périmées, demandez un échange ou un remboursement.
  • Le don : offrez-les à des écoles, bibliothèques, associations ou à d'autres entreprises utilisatrices via les réseaux professionnels.
  • La revente : proposez-les à des organismes spécialisés dans le rachat de consommables, ou sur les marketplaces B2B.

Attention, un toner se périme. Sa durée de conservation est généralement de 2 à 3 ans dans son emballage d'origine, au-delà de laquelle la poudre peut s'agglomérer et rendre la cartouche inutilisable. Vérifiez toujours la date sur la cartouche avant tout don ou revente — un toner périmé ne pourra qu'être recyclé, pas réemployé.

 

Pourquoi recycler ses cartouches de toner ?

Au-delà de l'obligation réglementaire, le recyclage des toners répond à des enjeux concrets pour l'environnement, les ressources et l'économie de l'entreprise.

Réduire les déchets électroniques

En France, 85 % des cartouches de toner sont collectées pour être recyclées — un chiffre encourageant mais qui doit encore progresser. Les toners non recyclés contribuent significativement à la croissance des DEEE, l'une des principales sources de pollution mondiale, qui augmente trois fois plus vite que les déchets ménagers classiques.

Économiser énergie et ressources

La fabrication d'une cartouche neuve consomme du pétrole, des métaux et de l'eau en quantité significative. Le recyclage permet de réutiliser des matériaux déjà extraits, ce qui réduit la demande en ressources vierges. Chaque cartouche recyclée fait économiser jusqu'à 80 % des ressources nécessaires à la fabrication d'un modèle neuf, et son réemploi représente une économie d'énergie d'environ 30 %. Une cartouche peut être reconditionnée et réutilisée à plusieurs reprises avant d'arriver en fin de vie.

À titre d'illustration, en 2024, les Ateliers du Bocage (partenaires d'Emmaüs) ont collecté 1,8 million de cartouches, économisant 350 000 litres de pétrole et remettant 39 % d'entre elles en circulation.

Bénéficier aux entreprises et aux particuliers

Pour les entreprises, recycler permet de réduire les dépenses liées à l'achat de cartouches neuves (via le reconditionné), de respecter les obligations DEEE et de renforcer l'image de marque.

En 2022, 77 % des consommateurs français déclaraient préférer soutenir des entreprises écoresponsables. Pour les particuliers, c'est un geste simple qui contribue à la protection des écosystèmes sans contrainte ni coût.

Une obligation encadrée par la loi

Sur le plan réglementaire, la France applique la directive DEEE et le principe de Responsabilité Élargie du Producteur (REP), qui obligent fabricants et distributeurs à prendre en charge la fin de vie de leurs produits. Les toners, classés déchets dangereux, ne peuvent donc pas être jetés avec les ordures ordinaires. Cette logique s'inscrit dans la continuité du recyclage des imprimantes et photocopieurs eux-mêmes.

 

Le processus industriel de recyclage de toners

Une fois collectée, une cartouche de toner ne se contente pas d'être broyée. Elle passe par plusieurs étapes techniques pour maximiser la valorisation matière et minimiser les déchets résiduels.

Étape 1 : La collecte et le tri

Le processus commence par la collecte via les programmes constructeurs, les points de dépôt ou les contrats d'entreprise. Les cartouches sont acheminées vers des centres de tri spécialisés, où elles sont évaluées : état général, marque, modèle, présence ou non d'une puce. Les cartouches en bon état sont orientées vers le reconditionnement, les autres vers le démontage.

Étape 2 : Le démontage et la séparation des matériaux

Les cartouches non réemployables sont traitées via trois méthodes complémentaires :

  • Le recyclage mécanique démonte la cartouche et sépare les matériaux : plastique, métaux ferreux et non ferreux, composants électroniques.
  • Le recyclage chimique utilise des solvants pour décomposer les matières en composants purs — particulièrement efficace pour récupérer les fines particules de toner.
  • Le recyclage thermique transforme les déchets résiduels en énergie ou en matériaux secondaires, lorsque les deux premières méthodes ne sont pas applicables.

Étape 3 : La revalorisation des composants

Les plastiques fondus deviennent des granulés réutilisés pour fabriquer emballages, mobilier urbain ou pièces industrielles. Les métaux purifiés réintègrent la production de nouveaux produits métalliques. Cette boucle alimente directement l'économie circulaire et réduit la dépendance aux matières premières vierges.

Étape 4 : Le reconditionnement des cartouches

Les cartouches en bon état sont nettoyées, rechargées en toner neuf et testées avant d'être remises sur le marché à un prix inférieur à celui de la cartouche d'origine. Environ 30 % des cartouches récupérées sont reconditionnées, ce qui en fait l'option la plus écologique : pas de fabrication neuve, pas d'extraction de matières premières.

Étape 5 : La valorisation énergétique

Pour les éléments non recyclables (environ 25 % des cartouches collectées chez certains constructeurs), la valorisation énergétique entre en jeu : les matériaux résiduels sont convertis en électricité ou en chaleur dans des installations spécialisées.

 

Intégrer le recyclage de toner dans la démarche RSE

Le recyclage des toners est un levier RSE simple à mettre en œuvre et à fort impact symbolique. Il combine trois dimensions que les directions générales recherchent aujourd'hui :

  • Environnementale : réduction des déchets électroniques, respect de la directive DEEE, économie de matières premières et d'énergie
  • Économique : baisse des coûts d'achat (via le reconditionné), suppression des frais d'élimination des DID, valorisation possible des cartouches vides
  • Sociale : soutien à l'insertion professionnelle quand le prestataire choisi est partenaire d'Emmaüs ou d'Envie

Côté image de marque, les chiffres parlent : 77 % des consommateurs français préfèrent soutenir des entreprises écoresponsables. Pour les structures soumises à la CSRD, formaliser une politique de recyclage des consommables fait partie des indicateurs attendus. Cette démarche s'inscrit naturellement dans une politique d'impression responsable plus large.

 

Conseils pratiques pour bien recycler ses toners

Quelques bonnes pratiques pour optimiser la collecte et faciliter le traitement :

  • Retirer les étiquettes et rubans adhésifs avant la collecte
  • Vérifier les conditions de reprise du fabricant ou du recycleur (certains exigent un état précis)
  • S'assurer que les cartouches sont bien vides avant envoi
  • Emballer soigneusement pour éviter les fuites de poudre pendant le transport
  • Trier par marque et modèle : cela facilite le travail du recycleur et améliore le taux de valorisation
  • Stocker à l'abri de l'humidité entre l'usage et la collecte (la poudre humide n'est plus exploitable)
  • Conserver une traçabilité (bordereaux de collecte) pour vos obligations administratives et votre reporting RSE

 

Recyclage de toner : votre démarche avec TEEMIO

Chez TEEMIO, l'écologie n'est pas un argument marketing : c'est une démarche intégrée à l'accompagnement quotidien de nos clients.

Pour le recyclage des toners, nous orientons vers le consortium CONIBI, qui met à disposition des contenants peu encombrants, une collecte à la demande, le traitement gratuit des consommables des marques partenaires et une traçabilité complète pour votre reporting RSE.

Au-delà du recyclage, TEEMIO vous accompagne sur l'ensemble de votre politique d'impression :

  • Photocopieurs multifonctions Canon, Ricoh et Sharp en achat, location ou leasing
  • Contrat de maintenance au coût-à-la-page transparent : 0,005 € HT/page noir et blanc, 0,05 € HT/page couleur, avec consommables (hors papier) inclus
  • 44 ans d'expertise en location, vente et maintenance de matériel d'impression professionnel

Contactez-nous au 01 87 12 52 52, par email à [email protected] ou via le formulaire en ligne.

 

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